ALZ : un témoignage poignant sur Alzheimer, en chanson


« Quel jour est-on ? Quelle heure est-il ? Quelle saison ? Dans quelle ville ? Qui sont ces gens autour de moi ? C’est comme si je ne comprenais rien... Pourtant, je me souviens de mon enfance, comme si je n’avais pas oublié. On me parle de dégénérescence mais je ne me sens pas concerné. Vivre sans souvenirs, vivre au jour le jour, peu à peu mourir... » Le 5 mars 2020, Dawid, fêtera ses 90 printemps. 90 années qui « partent peu à peu en fumée à cause de la maladie d’Alzheimer ». Sa petite-fille, Emma Em’, a souhaité lui rendre hommage avec son titre ALZ, disponible depuis le 5 février 2020 (vidéo ci-contre).

Nécessité d’un diagnostic précoce

ALZ : derrière ces trois lettres, des dizaines de symptômes et une solitude écrasante. Le plus connu d’entre eux : les troubles mnésiques. « Ce serait un problème de cellule qui fait que je suis seul dans ma bulle (...) Dans ce trou noir, je perds la mémoire... », fredonne Emma Em’, impuissante. Elle doit aussi composer avec les troubles du langage, la perte de la faculté de jugement, la désorientation, la difficulté à planifier ou à résoudre des problèmes ou des tâches ou encore les changements d’humeur de son grand-père. Cette maladie dégénérative fait peur, et pour cause, elle entraîne la « mort progressive des neurones ». En France, plus d'un million de personnes sont concernées, sans compter les aidants qui sont indirectement touchés, et près de 225 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, soit 616 par jour. Pour l’heure, il n’existe aucun traitement capable de guérir les patients, mais plus tôt elle est détectée, plus il est facile d'apprendre à la dompter et à vivre avec. Or, aujourd’hui, seul un patient sur deux est diagnostiqué, et un sur trois au stade précoce. Alors, plus qu’un hommage, ce clip sonne comme une campagne de sensibilisation.

Des activités bénéfiques

Des médicaments et des activités existent, cependant, pour ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie des personnes concernées : la peinture, l’écriture, la musique, la sophrologie, la gymnastique douce, la relaxation, les ateliers réminiscence... Récemment, l’association France Alzheimer et maladies apparentées a noué un partenariat avec la Fédération française de tennis de table pour promouvoir les bénéfices d’une pratique sportive. « Au-delà de ses vertus de socialisation et de ses bienfaits sur la concentration, la perception de l’espace visuel et la coordination motrice, il stimule le système cognitif et contribue à développer l’hippocampe, zone du cerveau fragilisée par la maladie d’Alzheimer », explique-t-elle. Egalement convaincue des bienfaits de la médiation équine, l’association a signé un partenariat avec la Fédération française d’équitation (FFE). « Les personnes touchées vivent surtout dans l'instant présent. Le cheval ne se projette pas non plus dans l'avenir, ne juge pas, le handicap n'est pas un critère. Il suscite l'envie de marcher, de le caresser, explique Carole Yvon-Galloux, chargée de mission au sein de la FFE. Cela permet aux personnes malades de suivre une activité, de mobiliser leurs muscles de manière inconsciente. Elles arrivent parfois fermées et, une fois sur place, s'ouvrent. » Elles qui ne parlaient plus se mettent soudain à murmurer à l’oreille des chevaux...