Alzheimer, Parkinson… Bientôt du sport sur ordonnance remboursé ?


90 milliards d'euros par an en France, c'est le coût social de la prise en charge des malades en affection longue durée (ALD), parmi lesquelles figurent le syndrome d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Dans ce contexte, les études montrent que l'activité physique et sportive, ajoutées à la réduction de la sédentarité, permettent de diminuer de façon majeure les risques des maladies chroniques et leurs conséquences.

Un premier décret en 2016

Le 31 décembre 2016, un décret d'application de la loi de modernisation de notre système de santé a fait du « sport sur ordonnance médicale » pour les patients de la trentaine de maladies référencées en ALD, parmi lesquelles figurent la maladie d’Alzheimer et le syndrome de Parkinson,
une réalité à l'échelle nationale. Il entrait en vigueur le 1er mars 2017. Le texte prévoit que, «dans le cadre du parcours de soins (…) le médecin traitant peut prescrire une activité physique adaptée à la pathologie, aux capacités physiques et au risque médical du patient.» Entre 10 et 11 millions de Français seraient concernés.

Rembourser les licences des patients longue durée

La ville de Strasbourg a été l'une des premières à se saisir de cet enjeu de santé publique, suivie par 29 collectivités territoriales. Le 12 octobre 2017, elle accueillait les 2es Assises européennes du sport santé sur ordonnance. Elles ont réuni élus, institutionnels, territoriaux, médecins, étudiants, professions sanitaires et sociales et intervenants en activité physique pour échanger sur les différentes expériences françaises et européennes. Emmanuel Macron a confirmé cette orientation politique en annonçant qu'il souhaitait «la création de 500 maisons sport santé en France». Il s'est par ailleurs engagé à rembourser le prix des licences sportives pour les patients en affection longue durée.

Pérenniser les financements

Le réseau souhaite également que les Directions régionales de la Jeunesse et sports et de la Cohésion sociale flèchent des crédits vers le sport-santé via le CNDS (Centre national pour le développement su port). Enfin, les conférences de financeurs doivent réserver des moyens pour s'engager dans la mise en place des dispositifs. «Ces financements sont indispensables à la réussite de leur généralisation et de leur pérennisation», concluent ces assises. Elles constituent, pour les personnes âgées, une belle piste d’avenir… La question du reste à charge pour les bénéficiaires des prescriptions, point crucial que le décret ne règle pas, était également au cœur des débats. En l'état, le sport sur ordonnance ne peut pas être remboursé par la Sécurité sociale car ce n'est pas un acte coté.


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Art L 1172-1 du code de la Santé publique