Au Japon, on peut retrouver sa grand-mère… grâce à ses ongles


 L’idée est aussi inquiétante qu’ingénieuse. Au Japon, certains ont recours à cette solution pour retrouver une personne âgée égarée, en cas de démence, de maladie d’Alzheimer, de troubles mentaux... À Iruma, ville située à 40 kilomètres de Tokyo, la municipalité autorise l’utilisation de ce dispositif, basé sur le QR code, pour identifier ses porteurs.

Localisation par la police

Le service d'assistance sociale invite les proches de personnes en perte d’autonomie à utiliser ce sticker. Cette étiquette d’un centimètre, qui résiste à l’eau et au lavage durant deux semaines, contient les informations sur l’identité de la personne, ses contacts téléphoniques, son adresse... Pour défendre ce service, entièrement gratuit, les responsables de la société ont trouvé leur argumentaire : seule la police peut interpréter ces données confidentielles si le proche est porté disparu.

Des disparitions fréquentes

Au Japon, pays qui compte une forte augmentation de population âgée, les seniors de plus de 65 ans pourraient représenter 40% de la population en 2060. L’île compte aujourd’hui 4,6 millions de personnes confrontées à la démence sénile. Un chiffre qui, selon le journal britannique The Guardian, en fait un véritable enjeu de santé publique, puisque 12 000 d'entre elles ont été signalées perdues au cours de l’année 2016. Si ces disparitions de courte durée n’aboutissent pas systématiquement à de graves accidents, elles restent très fréquentes et dangereuses : 479 personnes ont été retrouvées mortes, la plupart victimes d’accidents de la route.

D'autres techniques

Le dispositif lancé à Iruma n’est pas le seul. D’autres technologies similaires ont été testées, tels que les étiquettes à coller sur les vêtements ou les chaussures ; elles restent moins efficaces puisque les personnes âgées ne portent pas toujours les habits qui sont marqués. Certains sites web consacrés à la maladie d’Alzheimer proposent, par ailleurs, des conseils pour acheter des GPS discrets à ranger dans la poche ou des chaussures connectées. L’ère de la domotique n’en est qu’à ses prémices. Quitte à faire naître quelques débats éthiques !


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