Au Portugal, des mamies graffeuses initiées au street-art


Graffiti Grandmas (2016) Official Trailer from EAFILM on Vimeo.

Désacraliser la pratique de l’art de rue tout en encourageant les rencontres entre générations. Pour croiser ces deux objectifs, l’association portugaise LATA 65 («lata» signifie «bombe à peinture» en portugais) propose aux seniors de se joindre aux graffeurs pour des séances de tag, fresque murale, peinture au pochoir... Depuis 2012, ces techniques leur sont enseignées à Lisbonne, où tous peuvent s’exprimer librement et redonner des couleurs aux quartiers les plus délabrés de la ville.

Apprentissage longue durée

Âgés de 60 à 95 ans, ces graffeurs sont majoritairement des femmes, formées et encadrées par Lara Seixo Rodrigues, à l’origine de l’initiative. En organisant un festival de street-art

en 2011 dans sa ville de Covilha, Lara s’est aperçue que les plus âgés s’intéressaient particulièrement à ce type d’art. Elle s’attache aujourd’hui à lutter contre les stéréotypes sur les personnes âgées et propose différents workshops et conférences sur l’art urbain.

Bombes à la main

Elle y enseigne l’histoire du graffiti et les techniques à adopter, avec l’aide d’Adrião Resende, artiste de 33 ans. Après chaque session d’apprentissage, elle emmène sa quinzaine d’«élèves» dans la rue pour passer à la pratique, bombes à la main, directement sur les murs. Sans avoir à s’inquiéter de l’aspect législatif puisque ces façades sont mises à disposition de l’association par la municipalité, via la Galeria de arte urbana.

Ce projet, qui a rencontré un vif succès national, a fait l’objet d’un documentaire, fidèlement intitulé Graffiti Grandmas. De quoi inspirer les artistes français ?


© LATA 65


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