Désacraliser la pratique de l’art de rue tout en encourageant les rencontres entre générations. Pour croiser ces deux objectifs, l’association portugaise LATA 65 («lata» signifie «bombe à peinture» en portugais) propose aux seniors de se joindre aux graffeurs pour des séances de tag, fresque murale, peinture au pochoir... Depuis 2012, ces techniques leur sont enseignées à Lisbonne, où tous peuvent s’exprimer librement et redonner des couleurs aux quartiers les plus délabrés de la ville.

Apprentissage longue durée

Âgés de 60 à 95 ans, ces graffeurs sont majoritairement des femmes, formées et encadrées par Lara Seixo Rodrigues, à l’origine de l’initiative. En organisant un festival de street-art

en 2011 dans sa ville de Covilha, Lara s’est aperçue que les plus âgés s’intéressaient particulièrement à ce type d’art. Elle s’attache aujourd’hui à lutter contre les stéréotypes sur les personnes âgées et propose différents workshops et conférences sur l’art urbain.

Bombes à la main

Elle y enseigne l’histoire du graffiti et les techniques à adopter, avec l’aide d’Adrião Resende, artiste de 33 ans. Après chaque session d’apprentissage, elle emmène sa quinzaine d’«élèves» dans la rue pour passer à la pratique, bombes à la main, directement sur les murs. Sans avoir à s’inquiéter de l’aspect législatif puisque ces façades sont mises à disposition de l’association par la municipalité, via la Galeria de arte urbana.

Ce projet, qui a rencontré un vif succès national, a fait l’objet d’un documentaire, fidèlement intitulé Graffiti Grandmas. De quoi inspirer les artistes français ?


© LATA 65


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