Cet article est rédigé par un ergothérapeute de l'équipe Autonom-ease. Il est à consulter à titre indicatif et non exhaustif pour donner des pistes d'amélioration de l'autonomie au quotidien et ne se substitue en aucun cas aux conseils personnalisés des professionnels de santé. 
Ces conseils sont destinés aux personnes en recherche d'autonomie mais également aux aidants.

Avant toute chose, que ce soit pour gérer ses chaussettes/bas ou ses chaussures, il s'agit d'assurer sa sécurité : la position de départ doit être stable et confortable.

Nous nous chaussons et déchaussons, mettons et enlevons nos chaussettes plusieurs fois par jour, il convient de prendre des précautions pour ne pas se faire mal au dos, aux épaules ou aux hanches mais également pour limiter les risques de chute.

Suivant ses capacités, ses douleurs on réalisera ces activités soit assis, soit sur un sol non glissant avec une prise d'appui stable et à la hauteur intermédiaire entre deux positions.

Pour les chaussettes, les bas et les collants

On distingue plusieurs styles d'aides techniques pour enfiler et enlever ses chaussettes et ses bas en plusieurs matériaux plus ou moins rigides selon la résistance du produit et la force de son utilisateur.

Pour éviter de se baisser

  • des longues pinces de préhension peuvent suffire aux plus dextres à rapprocher la chaussette et l'accrocher au bout du pied, dotées d'un crochet elles peuvent suffire pour enlever les chaussettes.
  • des dispositifs souples avec 2 manches ou 2 cordes longues terminées par une palette plus ou moins rigide. L'idée est de ne pas se baisser donc on ajustera la longueur des cordes pour que ce soit pratique une fois assis. 
  • des dispositifs demeurant au sol se bloquant avec le pied libre et sur lequel s'insère la chaussette ou le bas de contention (pour enfiler le début, il faudra finir à la main et donc soit se baisser, soit ramener la jambe sur l'autre). Ceux-ci évitent de se baisser quand on met de petites chaussettes.
  • des dispositifs rigides destinés aux bas de contention pour maintenir l'écartement malgré la tension du tissu. Certains nécessitent de se baisser d'autres moins.
  • de rares dispositifs mobiles pour bas de contention et personnes assez souples pour se baisser ou bouger leurs jambes.
  • à noter qu'il existe des enfile-bas de contention électriques plutôt destinés aux professionnels (prix élevé) afin d'améliorer leurs conditions de travail et leur confort ainsi qu'aux personnes aidées.


Mais encore...

Certaines personnes n'ont pas de soucis lorsqu'ils se baissent mais en ont quand ils se redressent. 

D'autres personnes ne pourront pas se baisser mais pourront ramener leur pied sur la jambe opposée que ce soit seules car leur souplesse et leur force leur permettront ou à l'aide d'une sangle. Cette sangle du commerce ou artisanale est dotée d'une boucle dans laquelle on glisse le pied que l'on hisse en le tractant avec une poignée, plus souvent connue pour repositionner un pied sur un cale pied ou bouger ses jambes dans un lit).

D'autres se retrouvent en difficulté pour réaliser ces tâches comme les personnes n'ayant l'usage que d'un bras, les personnes souffrant de rhumatismes, porteuses de prothèses, etc.

De plus, maintenir fortement l'écartement de bas de contention est un exercice difficile voire douloureux (plus le degré de contention est élevé plus ça l'est). Une personne fragilisée est incapable de réaliser cela sans s'épuiser avec un résultat pas forcément bénéfique quand elle y parvient.

Si aucune aide technique ne convient alors il faut envisager le passage d'un proche ou d'un dispositif d'aide à domicile pour mettre et/ou enlever les bas de contention.

Le bas de contention prescrit par un médecin est un dispositif médical qui nécessite un soin et un protocole* de mise en place et d'entretien pour assurer leur efficacité. 

Les premiers jours, il peut être difficile d'enfiler ses bas de contention avec ou sans aide technique suivant votre profil : soyez persévérant et patient, ce sont des techniques qui demandent un peu de temps pour être intégrées.


* Protocole de mise en place et d'entretien des bas de contention


Les différentes classes de contention
  • Classe 1 : contention légère pour les varices débutantes, sensations de jambes lourdes ou états pré-variqueux.
  • Classe 2 : contention moyenne, pour les œdèmes variqueux ou un suivi après sclérothérapie, stripping, varices de grossesse ou varices naissantes.
  • Classe 3 : contention forte et profonde, pour l'insuffisance veineuse chronique, les syndromes de phlébites ou après une chirurgie des varices.
  • Classe 4 : contention forte et profonde renforcée, pour l'insuffisance veineuse chronique sévère, les œdèmes post-phlébites ou les varices secondaires.
Mise en place
  • Introduire la main dans du bas et saisir le talon en le pinçant le talon.
  • Retourner le reste du bas sur l'envers jusqu'au niveau du talon : on se retrouve donc avec la partie pied du bas prêt à accueillir me pied.
  • Introduire le pied et enfiler le bas de contention jusqu'au talon.
  • Saisir avec les deux mains la partie double et amenez-la à la cheville, puis remonter petit à petit sans pincer et sans faire de plis.
  • Ajuster au niveau des orteils et passer la paume sur toute la surface du bas pour rééquilibre la contention.
Pour savoir si le bas est bien enfilé il faut vérifier qu'on ne peut pas saisir le bas au niveau des chevilles.

Entretien

Lavage quotidien afin de restituer l'élasticité des bas.
  • Lavage en machine : programme doux indiqué sur la boîte des bas.
  • Pas de sèche linge ni de séchage direct avec la source de chaleur (soleil, radiateur)
  • Lavage à la main : mettre à tremper avec la lessive,  frotter doucement, rincer, rouler le bas dans une serviette, étendre à plat.

Pour les chaussures

Comme pour les chaussettes, se baisser, se relever, manipuler des lacets peuvent s'avérer compliqué lorsqu'on ne peut pas trop se baisser, que les rhumatismes ou l'usage d'une seule main gênent les manipulations.

Pour faciliter la mise et le retrait des chaussures on peut donc jouer sur plusieurs points.

1- Les chaussures


On choisira des chaussures et des pantoufles faciles à enfiler mais fermées à l'arrière et capables de bien maintenir le pied.
Il s'agit de trouver la chaussure à la fois souple avec une semelle capable de laisser le pas se dérouler tout en maintenant le pied et/ou la cheville.
Il existe des chaussures que l'on peut déformer en les chauffant légèrement, l'enfilage n'en sera que facilité.

Si les déformations sont un frein, il existe des chaussures spéciales dont la forme permet d'accueillir un pied et ses déformations. Si ces déformations sont trop importantes votre médecin peut vous diriger vers un podo-orthésiste pour la confection de chaussures sur mesure : elles permettent également de compenser des déficits (paralysie) ou de protéger des pieds fragiles (diabète,...).

Demandez conseil à votre podologue, votre kinésithérapeute ou si vous n'en n'avez pas et avez un doute consultez en un : un bon chaussage est primordial pour le bien être général, l'équilibre et il ne faut pas en faire l'économie.

2- Le  mode de fermeture des chaussures 


Les lacets élastiques avec ou sans nœuds de blocage permettent

  • de se déchausser avec l'autre pied aisément
  • de mettre les chaussures plus rapidement : le temps baissé est moins long et on supprime les prises fines et manipulation de lacet.
Les chaussures à fermeture velcro limitent également le temps et les manipulations. 


3 - Les aides techniques externes à la chaussure


Elles vont permettre de ne pas se baisser pour enfiler ou ôter ses chaussures, ce sont :
  • des pinces à long manche
  • des chausse-pieds à long manche
  • des dispositifs au sol pour enlever les chaussures






Article rédigé par Sonia Chittaro, ergothérapeute consultante d'Autonom-ease.