«On m’en a parlé, je me suis dit pourquoi pas et, aujourd’hui, je ne regrette rien. Tout se passe très bien». Anna accueille, depuis le 1er octobre 2017 et jusqu’au 30 juin 2018, Ali, un étudiant iranien de 32 ans qui étudie à l’École supérieure d’art et design le Havre-Rouen. Cette retraitée, membre de l’association Bien vivre et vieillir à la Grand’Mare à Rouen, travaille avec un groupe de discussion qui prône le «bien vivre ensemble», et a donc naturellement accepté ce projet. Ce dernier résulte d’un partenariat entre le campus de l’École des beaux-arts de Rouen et l’association «Partageons un Havre», qui propose de favoriser les liens intergénérationnels.

Créer un lien intergénérationnel

«On m’en a parlé, je me suis dit pourquoi pas, raconte Anna, et aujourd’hui je ne regrette rien, tout se passe très bien». Son aventure a débuté juste avant l’été 2017. Partageons un Havre, qui propose une alternative de logement pour les étudiants, lui a envoyé un dossier à remplir, comportant des questions très précises sur son mode de vie. Nécessaire pour mettre en relation hébergeant et futur hébergé avec des centres d’intérêts convergents ! La retraitée a ensuite passé un entretien avec le responsable de l’association qui lui a expliqué le projet en détails, ainsi que les règles de la convention. Le but étant de créer des liens entre les générations basés sur la compréhension réciproque, la fraternité et la solidarité. Les personnes âgées se sentent ainsi moins seules et sont aidées, épaulées, soutenues. Les jeunes, peu enclins à partager un mode de vie différent du leur, expérimentent l’ouverture aux autres.

Des règles de vie commune

De fil en aiguille, tous deux se sont découvert des points communs, particulièrement la peinture. « Il s’intéresse aussi beaucoup au cinéma, explique Anna, et, à l’automne, il y a eu pas mal de films iraniens qui sont sortis. Alors nous y sommes allés ensemble. Ça nous a permis de discuter, d’aborder la façon de vivre des Français, des Iraniens, les problèmes de société. On a parlé philosophie, religion… » Anna souligne que, pour que la cohabitation se passe bien, il est essentiel de se respecter et de se faire confiance. Mais il est également important d’imposer des règles de vie commune. «Par exemple, c’est à lui de nettoyer son escalier. Moi, je ne monte jamais à l’étage.» Anna a aménagé l’ancien atelier de son mari pour en faire un petit appartement. Ce qu’elle appelle «les combles» n’étaient pas vraiment conformes ; elles avaient besoin d’un bon coup de peinture, de nouveaux meubles et surtout d’un petit coin kitchenette avec réfrigérateur et micro-onde.

Le soir de leur rencontre, la retraitée a invité son hôte à dîner : «J’ai cherché à apprendre à le connaître, à savoir pourquoi il était a Rouen, pourquoi il avait choisi l’école des Beaux-arts. Toute sa petite vie, quoi !». Depuis, ils dînent ensemble tous les soirs.


© Photo d’illustration générale : Robert Kneschke/Fotolia


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Association Partageons un Havre