Cette fiche d'information est non exhaustive et est donnée à titre indicatif et général pour vous aider à comprendre pourquoi et comment améliorer son autonomie.
Votre kinésithérapeute et/ou votre ergothérapeute ou votre médecin traitant sont vos conseillers, cette fiche vient renforcer votre information afin de mieux comprendre les enjeux et l'importance du bon choix pour maintenir son autonomie à la marche.

Avec ou sans prescription

Les aides à la marche sont vendues librement et bénéficient pour la plupart d’un remboursement sur présentation d’une prescription.
Cette prescription peut être délivrée par un médecin bien sûr et depuis 2006 par votre kinésithérapeute (1) (dans le cadre de votre rééducation), professionnel de santé qui connait les capacités motrices de ces patients et donc qui est souvent le plus à même de conseiller votre aide de marche.

Critères de choix

Brièvement, une aide technique se choisit en fonctions de critères humains (capacités, habitudes de vie…) et environnementaux (logement…)
  • Quelles sont mes capacités physiques ?
  • Quelles sont mes capacités cognitives ?
  • Ma morphologie (grand, petit, avec embonpoint…)
  • Je vis seul ? 
  • Mon logement dispose d’un ascenseur
    (mon aide à la marche passe-t-elle dedans ? Mes couloirs sont-ils étroits, larges, j’ai de la moquette au sol ?…)
  • Je suis déjà tombé ? J’ai peur de rechuter ?
  • Je viens de me faire opérer, j’ai besoin d’une aide temporaire ?
  • Je suis en surpoids,  j’ai besoin d’une aide robuste…

Accepter son aide à la marche

Une aide technique se choisit donc de manière réfléchie avec l’adhésion de son utilisateur (si ce n’est pas l’utilisateur qui en fait directement l’acquisition).
En effet, une aide à la marche à l’instar de toute aide technique peut souligner une perte d’autonomie et demande un apprentissage, elle impose des contraintes par rapport à la marche naturelle (au début, puis comme tout, cela devient automatique par la suite) qui peuvent gêner son acceptation et donc son non usage ou pire son mauvais usage.

Une aide technique non adaptée ou mal utilisée est clairement un danger pour l’utilisateur.
Notons qu’une même personne selon son état et l’environnement où elle se trouve pourra utiliser différentes aides à la marche.

Essayer avant de l’adopter !

Idéalement il faudrait pouvoir essayer quelques jours votre aide à la marche pour affiner le choix et s’assurer que c’est le bon.

Le chaussage

Rappelons que la première aide à la marche à choisir avant toute autre est une bonne paire de chaussures !

De bonnes chaussures ce sont des chaussures qui maintiennent le pied (plus ou moins la cheville selon les cas) tout en laissant la souplesse suffisante pour dérouler le pied lors de la marche.

Si vos pieds ont des déformations, il existe des chaussures spéciales qui prennent en compte ces déformations. Si ces déformations sont trop importantes votre médecin peut vous diriger vers un podo-orthésiste afin de confectionner des chaussures sur mesure : elles permettent également de compenser des déficits (paralysie) ou de protéger des pieds fragiles (diabète...).

En hiver, sur les sols givrés il est judicieux de s'équiper, on peut trouver
  • des sur-chaussures comme des ballerines en matière souple qui adhèrent
  • des sur semelles à petits crampons
  • des chaussures spécifiques mais souvent moins souples et plus lourdes pour certaines personnes.
Les différents profils (ci-dessous) sont là pour vous aiguiller dans le choix de votre aide à la marche, ils ne sont pas exhaustifs. Chaque personne est différente et doit faire l’objet d’une évaluation par un professionnel (1).

Différents profils

Profil 1.

| Vous avez une bonne mobilité  mais vous êtes plus fatigable.
| Vous avez une douleur musculaire ou articulaire modérée au niveau d’une jambe.
| Vous avez un déséquilibre musculaire entre les côtés droit et gauche de votre corps.

L’utilisation d’une canne simple(2) permet de diminuer le poids supporté par une jambe douloureuse.
Elle peut soulager également en cas de fatigue en procurant un appui. Dans ce cas, choisissez-en une pliable, à sortir de son sac quand la fatigue se fait ressentir.

La canne a un effet également rassurant comme un filet de sûreté notamment si vous devez côtoyer une foule.
Il existe une multitude de déclinaisons ergonomiques (poignées, embouts) et esthétiques (motifs, couleurs) de la canne ainsi que des cannes spécifiques. 

On préférera  une poignée épaisse permettant une prise sûre et confortable qui positionne au mieux la main et le poignet, notons encore ici l’importance d’essayer car nous n’avons pas tous les mêmes mains !

 

Pratique et astucieux pour ne pas la faire tomber ou s'encombrer, il existe des porte cannes à placer sur le bord d'une table, d'une chaise ou même d'une barre d'appui dans les toilettes.

 

Pour les troubles articulaires plus aigus type polyarthrite il existe des cannes spécifiques où  l’avant-bras repose à la perpendiculaire sur un socle, le poignet est dans le prolongement de l’avant-bras et la main tient des poignées. Le poids du corps est majoritairement supporté par les avant-bras plutôt que par les petites articulations douloureuses des poignets et des mains.
 
       
En cas de mobilité  mais de besoin de plus grande stabilité, vous n’avez l’usage que d’un bras (paralysie, plâtre …) il existe les cannes tripodes (3 pieds) ou quadripodes (4 pieds)  dont le nombre de pieds stabilisent grandement l’appui sur la canne.
 
Vous pourrez mettre un repère visuel sur un des pieds de la canne pour bien la positionner au début et ne pas la transformer en obstacle.
Ces cannes à plusieurs pieds ne sont sûres que sur du plat sans obstacle trop conséquents.

Profil 2.

| Vous avez de légers  troubles de l’équilibre debout lors de la marche et de bonnes capacités
de réactions, votre marche est naturelle, votre allure correcte.

Pour la marche en extérieur et à l’intérieur si ce n’est pas trop exigu (penser aux demi-tours, aux virages) le déambulateur 4 roues directionnelles à l’avant souvent appelé Rollator est à la fois stable et très maniable.
   
 

Les poignées au niveau des hanches (réglables) sont munies de freins : des freins pour maîtriser le déambulateur lors des descentes et des freins parking pour sécuriser l’arrêt. On s’arrête pour discuter avec quelqu’un, pour s’appuyer afin d’atteindre quelque chose et enfin lorsque l’on veut s’asseoir.

Les déambulateurs 4 roues sont souvent équipés d’une assise, très pratique pour fractionner les promenades ou patienter dans une file d’attente.
Certains ont en plus une sorte de dossier, plus confortable. Si vous voulez le transporter, préférez un déambulateur pliable et léger.

N’hésitez pas à rajouter en option, s’il n’est pas vendu avec, un panier pour transporter des courses. C’est pratique et plus sûr que des sacs accrochés aux poignées qui vous gêneraient pour marcher.
 
Il existe tout comme pour les cannes, des appuis spécifiques pour les personnes souffrant de polyarthrite.

Profil 3.

| Votre équilibre est précaire, la canne ne suffit plus, le déambulateur 4 roues n’est pas assez stable pour vous.
| Vous marchez doucement, vous avez une appréhension du vide devant
vous.

Dans ce cas-là on pourra utiliser un cadre de marche. Le cadre de marche permet de se déplacer debout en intérieur principalement sur de petites distances, dans des lieux aux passages étroits.
 
Comme son nom l’indique c’est une aide technique qui vous encadre par devant. Il se tient latéralement au niveau des hanches à même le cadre où un revêtement antidérapant est prévu, le cadre dispose de 4 pieds avec patins.
Il est peu encombrant, léger et sécurisant. On peut le trouver pliant, ainsi une personne peut se déplacer en fauteuil roulant manuel pour les grandes distances et utiliser son cadre de marche pour se déplacer ponctuellement
 
Il existe des modèles dit releveurs pour aider la personne à se relever d’un siège. Il est muni de deux poignées en plus à mi-hauteur à saisir quand on est assis.

On préférera, quand l’équilibre le permet, le modèle avec 2 roues à l’avant non directionnelles pour éviter de soulever totalement le cadre. En effet, l'utilisation du cadre de marche sollicite les épaules et la force musculaire des bras ce qui peut faire défaut et rendre l'exercice plus fastidieux.
Il n’y a pas de frein aux poignées, le freinage se fait par le poids exercé sur les 2 embouts arrière.

Les embouts

Il faudra régulièrement contrôler l’état des embouts, en effet ils s’usent. Dans ce cas ils ne jouent plus leur rôle de frein. Les embouts se trouvent facilement dans le commerce et même dans les grandes surfaces de bricolage.
A noter que différents types d'embouts apparaissent en dehors des embouts classiques : ce sont des embouts flexibles, stabilisateurs, à crampon, etc. pour optimiser encore .


Pour découvrir et comparer les aides techniques pour aider à la marche, rendez vous dans la rubrique "déplacement" "piéton" en cliquant sur ce lien.

Article rédigé par Sonia Chittaro, ergothérapeute consultante d'Autonom-ease. 


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Notes
(1) Votre kinésithérapeute.
Un ergothérapeute est un professionnel de santé dont la spécificité est d’agir  dans le domaine de la réadaptation. C’est lui qui après évaluation pourra vous conseiller non seulement la ou les aides techniques dont vous avez besoin mais également sur les aménagements de votre domicile et véhicule qui favoriseront votre indépendance en limitant notamment les risques liés à vos difficultés.

(2) la canne doit être tenue du côté opposé à la jambe douloureuse : en effet on parle de balancier entre les épaules et les hanches, visualisez une marche militaire pour mieux comprendre l’idée. La jambe avance en même temps que le bras opposé qui est porté vers l’avant, c’est ce bras qui tient la canne et la pose en même temps que la jambe plus faible.