La chute : les dispositifs de prévention


Cette fiche d'information ne se veut pas exhaustive et est donnée à titre indicatif pour vous aider à comprendre le phénomène de la chute et connaitre les différents dispositifs à votre portée dans la cadre d'une prévention primaire.

Vous pouvez prendre conseil auprès de votre médecin traitant ou d'un professionnel de la rééducation kinésithérapeute ou ergothérapeute si vous êtes suivi pour des conseils personnalisés.

Cette fiche s'adresse à

- des seniors conscients et acteurs de leur autonomie.
- l'entourage impliqué et désireux d’agir pour le bien-être de leurs aînés plus fragiles.
- des professionnels n’ayant pas ou plus ces points clefs en mémoire mais étant confrontés à des personnes dites « à risque de chute ».


          L'équilibre


L’équilibre est la capacité à connaître sa position dans l'espace et à l’adapter en permanence quelles que soient les variantes internes ou externes. 

  • Connaître sa position : grâce à des informations récoltées par des récepteurs (sensibilité proprioceptive et extéroceptive essentiellement la sensibilité plantaire / pied, système vestibulaire / oreille interne et la vue).
  • Traiter ces données recueillies : par le cerveau et le cervelet
  • Adapter sa position grâce aux articulations et muscles.


          Pourquoi la chute


La chute n’est pas la conséquence d’une cause unique, elle est multifactorielle. Il faudra y penser lors de la mise en place des éléments de prévention : pour être efficace, la prévention de la chute doit donc être globale et réalisée par ou sur les conseils de professionnels de santé formés.

La chute est donc la conséquence de différents facteurs intrinsèques et comportementaux liés la personne qui chute et extrinsèques liés à son environnement humain et matériel.


Facteurs liés à la personne


  Vieillissement naturel des intervenants dans le processus d’équilibre : entraîne une altération de la prise des informations (moindre et moins précise), du traitement des informations (plus lent et coûteux en énergie) et des actions mises en œuvre (moins rapides et moins appropriées).


  Les pathologies : altèrent et / ou gênent d’autant plus tous les intervenants du processus d’équilibre : que ce soit par perte de champs visuels (DMLA), déformations (hallux valgus), arthrose, ostéoporose, troubles cardiaques, troubles de l’attention et des fonctions cognitives et exécutives en général (Parkinson, Alzheimer, démence, etc.).


  Les traitements médicamenteux : la polymédication (très courante chez la personne âgée) peut occasionner des interactions favorisant les chutes. Certains médicaments non associés ont des effets positifs ou négatifs quant à la survenue des chutes.


  Les habitudes de vie : état de nutrition, poids, prise de risque, consommation d’alcool, chaussage inadapté, aides techniques absentes ou mal utilisées, etc. 


Facteurs liés à l’environnement


  Domicile inadapté : agencement non fonctionnel, meubles usés ou inadaptés (trop grand, profond, mou, petit, etc.), sol irrégulier, luminosité inadaptée, présence d’escaliers, toilettes trop basses, placards trop hauts, etc.


  La présence d’animaux de compagnie : chat qui passe entre les jambes, se perche, chien qui tire sur la laisse, manutentions occasionnées par les soins à apporter à l’animal, etc.


  L’environnement extérieur : cheminement bûché d’obstacles (trottoirs détériorés, trop étroits, trop larges, absents, poubelle ou voiture mal placées, sols glissants, etc.) transports en commun (bus qui démarre trop vite, métro bondé, etc.), manque de civisme et de bienveillance en général.


          Conséquences de la chute


Il y a différents degrés de gravité des chutes qui dépendent de l’état initial de la personne chuteuse, de son degré d’isolement, de sa fragilité psychologique, etc. qui se majorent avec l'avancée en âge.


  Physiques : de l’ecchymose à la fracture. 


  Psychologiques : de la perte de confiance en ses capacités, peur de tomber, syndrome post chute à la régression psychomotrice.


  Sociales de fait.


  Le cercle vicieux doit être repéré par l’entourage et les professionnels et enraillé rapidement. 
Les blessures physiques ou psychologiques peuvent engendrer une baisse de l’activité qui elle-même peut entraîner une désadaptation, un déconditionnement, la personne glisse alors vers un état de sidération, elle perd son autonomie.

L’entourage et les professionnels de santé doivent être attentifs à tous les signes indiquant l’entrée dans cette spirale et agir rapidement et conjointement.


Des professionnels compétents et consciencieux ont les moyens d’agir et de donner les clefs à l’entourage de la personne âgée à risque de chute : c’est une question de prise de conscience de l’importance de chaque geste ou attitude, de la reconnaissance des compétences de chacun et de l’écoute et de l’intérêt portés à un patient, à son proche, au professionnel de santé.


On retient donc


  • L’importance de dépister correctement et surtout précocement ces personnes afin de mettre en place des interventions adaptées et donc efficaces.
  • Plusieurs niveaux de risque de chute déterminés par le médecin (ou via kiné, ergo en lien) à partir de 65 ans par des tests d’équilibre et l’interrogatoire des patients sur la survenue ou non de chutes : élevé, modéré, faible.
  • La nécessité d’avoir conscience de sa situation et de ses capacités.
  • L’importance d’être acteur de son autonomie en se renseignant sur les solutions humaines et matérielles pouvant répondre à ses besoins, en ne laissant pas la fatalité diriger son autonomie.
  • Anticiper pour vieillir sereinement.


     Votre médecin traitant


Vous devez l'informer en cas de chute, lui même s'informe et réalise des test d'équilibre afin de prévenir un éventuel risque. Il vous dirige ensuite vers les différents dispositifs en place et les professionnels de santé compétents.

Il peut être amené à faire un point sur l'ensemble de vos médicaments prescrits par différents spécialistes et coordonner si besoin d'alléger la prise de médicaments.


Pour diagnostiquer et prendre soin des acteurs de l'équilibre

  • Podologue : la peau de la plante des pieds est aussi un garant du recueil des informations sensitives, l'entretien de ses pieds (qui peuvent être douloureux, déformés) n'est pas à négliger dans le cadre de l'équilibre. Un chaussage adapté est primordial.
  • Ophtalmologue et orthoptiste : contrôle de la vue, d'une éventuelle perte de champs visuel. L'orthoptiste est le rééducateur de la vue, il peut améliorer certains trouble ou donner des clefs pour compenser.
  • ORL : contrôle de l'oreille interne notamment.
  • Kinésithérapeute : entretien musculaire, ré entrainement à l'effort, rééducation vestibulaire, etc.
  • Ergothérapeute : bilan globale des activités quotidiennes et des fonctions cognitives, identification des situations à risque, préconisations d'adaptation du logement et d' aides techniques appropriées.
  • Psychomotricien : en prévention permet d'améliorer la conscience de soi, les représentations temporo-spatiales, le sentiment d'efficacité personnel, etc. En post chute permet de renouer les liens qui se sont défaits entre le vécu corporel et les représentations.
  • Orthophoniste et dentiste : en cas de troubles de la déglutition gênant l'alimentation et soins dentaires.
  • Nutritionniste : en cas de dénutrition.
  • Psychologue et psychiatre : prise en charge de la dépression.


          Les dispositifs d’information, de prévention primaire de la chute


Le portail national d’information pour l’autonomie des personnes âgées et l’accompagnement de leurs proches

Site du gouvernement accessible par ce lien


Les CLIC : centres locaux d’information à coordination gérontologique


Ils dispensaient des informations utiles aux personnes âgées et leur entourage, aux professionnels de la gérontologie et du maintien à domicile sur

  •  aides financières, maintien à domicile, amélioration de l'habitat, structures d'hébergement, mesures de protection, loisirs, vie sociale et relationnelle
  •  formation et de coordination pour les professionnels de la gérontologie

Aujourd'hui, les CLIC disparaissent, les personnes doivent se tourner vers la MDPH ou les MDA la plus proche de chez eux.


Pour trouver le centre d'information près de chez vous cliquez sur ce lien


Les centres de prévention bien vieillir


Ouverts à toute personne âgée de 50 ans et plus, active ou retraitée, et à son conjoint, relevant des régimes de retraite Agirc et Arrco.

Ces centres sont gérés par une caisse de retraite complémentaire (coordonnés par les fédérations Agirc et Arrco).

Moyennant une petite participation, vous pouvez participer à 

  • des ateliers : équilibre, mémoire, nutrition, sommeil, activités physiques qui vous auront été "prescrit" après bilan personnalisé.
  • des activités pour le mieux-être : gymnastique douce, yoga, Taï chi chuan
  • des conférences thématiques 


Pour trouver un atelier équilibre près de chez vous (cliquer sur le lien).  

nb : certains liens ne sont pas les plus directs, si vous ne trouvez pas l'information, tapez atelier équilibre et votre région dans un moteur de recherche.


Les ateliers équilibre 


S'adressent à des personnes

  •  âgées de 55 ans et plus 
  •  à risque modéré vis-à-vis de la chute
  •  autonomes mais ayant des antécédents de chute(s) et/ou un ou plusieurs facteurs de risque de chute
  • vivant  à domicile (y compris résidences autonomie et petites unités de vie) 
  • munies d’un certificat médical de non contre-indication à la pratique d’activités physiques adaptées ou à un atelier équilibre.


C'est un cycle de 12 séances collectives et 2 séances individuelles de bilan ainsi que des séances en autonomie à domicile.


Objectifs et contenus


  • Dépister les facteurs de risque et évaluer les capacités et dysfonctionnement locomoteurs lors de bilans individuels.
  • Améliorer le maintien global de l'autonomie , la qualité de vie.
  • Apprendre les gestes et postures pour éviter la chute,
  • Diminuer la peur de tomber.
  • Diminuer la gravité et les conséquences des chutes.
  • Réveiller et stimuler la fonction d’équilibration 
  • Contribuer au renforcement musculaire
  • Travailler au relever du sol : permettre la dédramatisation de la chute et/ou diminuer l’impact
  • Enseigner, transmettre, des exercices adaptés au domicile par des professionnels formés
  • Encourager les personnes à pratiquer une activité physique adaptée de façon pérenne et régulière 
  • Développer la confiance en soi 
  • Proposer des conseils concernant l’aménagement du logement.


Le programme PIED  (Programme Intégré d'Equilibre Dynamique)


Reconnu et préconisé par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé) dans le cadre de la prévention des chutes chez les personnes âgées à domicile.

Créé par l’Institut National de Santé Publique du Québec (INSPQ) et en collaboration avec ce dernier,  ce programme a été importé en France par la la Fédération Française Sport.

Participation des participants dépend des dispositifs organisateurs.


Objectifs


  • Amélioration de l'équilibre et de la force des jambes
  • Aide à l’aménagement du domicile et à la diminution des risques
  • Amélioration du sentiment d'efficacité personnelle (confiance) à l'égard des chutes
  • Aide au maintien d’une bonne santé des os (densité osseuse)
  • Maintien d’une pratique régulière d'activités physiques

Le programme


  •  2 séances par semaine pendant 12 semaines, encadrées par des animateurs formés. Les participants disposent d'un certificat médical d'aptitude à la pratique d'une activité physique adaptée, autonome et vivant à domicile sans troubles majeurs de l'équilibre mais soucieux de leur équilibre cependant.
  • Exercices en groupes : échauffement, activités d’intégration de l’équilibre, exercices de renforcement musculaire, mouvements d’assouplissement.
  •  Ateliers de prévention : 10 ateliers de prévention (30 minutes) à la suite d’une séance d’exercices en groupe (thèmes : les facteurs de chutes en général, garder les « os en bonne santé », prévenir les chutes dans chacune des pièces de la maison, choisir des chaussures sécuritaires, rester sur vos deux pieds avec vos médicaments, garder la forme après le programme).


Pour trouver un club près de chez vous, cliquez sur ce lien    

Liste des clubs affiliés

Vous devez appeler la fédération de votre département (cf lien ci dessus) pour connaitre les dates et lieux de ces ateliers. 


Les initiatives des mutuelles, des associations


Elles ne sont pas rares, renseignez vous auprès de votre mutuelle.

Concernant les initiatives impulsées par des associations et soutenues par différentes institutions, la rubrique actualités d'autonom-ease traite de ces initiatives qui visent à rassembler, informer, soutenir.


Cliquer sur l'article pour le lire

     -  Article sur le bus Api qui vient au coeur des villages

     -  Rester à domicile, de nouveaux services «tout-en-un»

     - À Strasbourg, du sport sur ordonnance pour les seniors « fragilisés »

     - Lien vers l'ensemble des articles


      Les ergothérapeutes : pour aménager son logement et s'équiper en aides techniques adaptées


Professionnels de la rééducation et de réadaptation, les ergothérapeutes (après bilan des capacités fonctionnelles et cognitives, bilan des habitudes de vie et du logement) conseillent sur les aides techniques adaptées aux besoins de chacun et sur l'aménagement du domicile.


Ces professionnels sont à votre écoute en cabinet libéral, dans des associations, des équipes mobiles, dans des centres de rééducation, à l'hôpital pour préparer le retour à domicile.


Lien vers le site de l'ANFE : Association Nationale Française des Ergothérapeutes
Lien vers le Synfel : réseau national des ergothérapeutes libéraux


Les CICAT 


Les ergothérapeutes sont employés par ces associations loi 1901 sans but lucratif et offrent toutes informations et conseils sur les moyens techniques de prévention et de compensation des situations de handicap.


Cliquez sur ce lien pour connaitre le CICAT le plus proche de chez vous


Diagnostic financé par l'AGIRC ARRCO


Pour bénéficier du diagnostic Bien chez moi, les personnes doivent être des retraitées Agirc ou Arrco et âgées de 75 ans et plus, sans condition de ressources.

 

Pour plus d'informations, cliquez sur ce lien



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Dans le cadre de prévention secondaire et tertiaire visant des personnes âgées plus dépendantes ou en institution, plusieurs dispositifs sont mis en place pour améliorer la prise en charge des personnes à risque de chute élevé.

Par exemple

  • Consultations de gériatrie spécialisée
  • Consultations spécialisées multidisciplinaires de la chute
  • Equipes mobiles gériatriques


Article rédigé par un ergothérapeute de l'équipe Autonom-ease