Chute : quelle prévention matérielle?


Cette fiche d'information est non exhaustive et est donnée à titre indicatif et général pour vous aider à comprendre pourquoi et comment améliorer certains points afin de prévenir ou plutôt limiter certaines chutes et leurs conséquences.
Vous pouvez prendre conseil auprès d'un professionnel de la réadaptation du logement et des habitudes de vie : l'ergothérapeute. Il saura vous guider au mieux vers telle ou telle méthode ou aide technique ou aménagement en fonction de vos difficultés et de vos capacités.


Lien vers le site de l'ANFE : Association Nationale Française des Ergothérapeutes

Lien vers le Synfel : réseau national des ergothérapeutes libéraux


Consultez notre fiche complémentaire  "La chute : les dispositifs de prévention" en cliquant sur ce lien


Sécuriser ses déplacements


Sécuriser les déplacements permet de limiter les chutes dues uniquement à un manque de vigilance dans un environnent "encombré". Le genre de chute qui peut arriver la nuit dans un moment de précipitation pour répondre à un besoin impérieux.

Sécuriser les déplacements est un des points à améliorer dans le cadre d'une approche multifactorielle de la prévention des chutes : la chute étant multifactorielle, il convient de la prévenir en conséquence.


Il s'agit là de dégager les espaces de circulation et d'assurer des appuis réguliers ainsi qu'une visibilité à tout moment.


Dégager les espaces de circulation

Pour ce point vous pouvez consulter la fiche pratique dédiée : "Circuler facilement chez soi"


Assurer des appuis réguliers

But : disposer rapidement sans se déplacer d'un espace pour s'asseoir, un support pour s'appuyer ou s'aider à se relever.

Moyen : disposer des assises à des endroits clefs de passage et des barres d'appui.

Pour en savoir plus, consultez la fiche pratique dédiée : "Caractéristiques d'une barre d'appui : comment choisir?"


Visibilité à tout moment

Pour optimiser les informations visuelles, souvent privilégiées à tort (la vue baissant avec l'âge) dans la fonction d'équilibre, la présence d'un éclairage adapté et de repères pour marquer les contrastes est un point clef.


Ainsi, il est judicieux de disposer d'éclairage à détection de mouvement à la sortie du lit et sur le trajet pour aller aux toilettes par exemple. Il existe de petits dispositifs sur pile (vérifier régulièrement les piles si vous êtes un aidant) qui peuvent s'ajouter à tout moment et n'importe où.

A noter qu'il existe des ampoules avec détecteur de mouvement intégré.

Si les interrupteurs ne sont pas contrastés, il existe des interrupteurs colorés ou des adhésifs spécialement conçus pour faire contraster un interrupteur existant en cas d'obscurité.

Pour repérer des éléments la nuit, on trouve des rubans adhésifs fluorescents ou phosphorescents, des adhésifs spéciaux pour contre marche, etc.


Sécuriser ses déplacements c'est avant tout être bien chaussé et utiliser la bonne aide à la marche et savoir l'entretenir.

Pour ce point consultez la fiche pratique : Choisir l’aide à la marche qui correspond à mes besoins

A bannir en intérieur : les pantoufles ne tenant pas le pied, ayant une semelle glissante.


Les déplacements particuliers dans la salle de bain et les toilettes


Ces déplacements sont particuliers du fait des nombreux transferts nécessaires, des lieux souvent plus exigus, de l'humidité, des pieds non chaussés et d'éventuel équipement non portés.

Consultez les fiches conseil dédiées : 


Se protéger


La fracture du col du fémur est une conséquence et parfois la cause de certaines chutes.

Il existe des sous vêtements avec des coques de protections placées au niveau des hanches. Le but étant d’absorber en partie l’énergie exercée sur la hanche lors de la chute.


Pour les personnes tombant du lit, on peut choisir des lits dits "Alzheimer" qui descendent plus bas que les autres (21 cm) et rajouter un matelas de sol pour amortir la chute.


Optimiser ses rangements


Optimiser les rangements permet d'améliorer le confort quotidien mais permet également de supprimer des activités à risque potentiel de chute.

Ainsi on retiendra 3 grands principes :

  • les objets lourds et peu utilisés seront placés en dessous de la taille
  • les objets les plus utilisés seront placés au niveau de la taille
  • les objets légers et peu encombrants pourront être placés plus en hauteur si nécessaire.

S'il faut accéder à des objets en hauteur, suivant son équilibre et sa force musculaire certains utiliseront un marche pied plutôt que de se mettre en extension et risquer de tomber en arrière : s'assurer de sa stabilité et de son état. Se poser la question : suis je dans une situation à risque aux vues de mes capacités?

Il existe des étagères avec un mécanisme de descente assistée pour la cuisine, des élévateurs de penderie pour la chambre, qui permettent de régler ces problèmes.


Détecteurs de chute liés à un tiers


Il existe des dispositifs qui pour certains peuvent détecter la chute de part la perte de verticalité du porteur ou d'une accélération trop importante. Ils sont donc utiles en cas de perte de connaissance ou de troubles cognitifs (la personne n'a pas la présence d'esprit d'avertir).

Ils ont tous en commun un bouton bien distinct d'appel d'urgence.

Ces dispositifs sont portés sur le corps pour la majorité (la chute peut survenir pendant un trajet la nuit, sous la douche, etc.) et disposent d'un bouton unique d'appel d'urgence en plus.

On retrouve des bracelets connectés, des montres connectées (avec possibilité de répondre à un appel, appeler, recevoir des sms, etc.) des pendentifs connectés mais également des téléphones portables.

Lorsque le porteur appuie sur le bouton d'urgence, selon le modèle choisit :

  • le porteur peut être géo localisé
  • l'appel est lancé à des proches préalablement engagés dans ce processus, leur numéro étant enregistré dans le dispositif. Le porteur peut quand même souscrire à une offre de professionnels, ils sont alors contactés si les proches ne répondent pas.
  • l'appel peut être lancé à un professionnel de la télé assistance

Il faudra alors analyser la situation actuelle et à venir du porteur pour choisir la solution la plus adaptée à ses capacités cognitives et fonctionnelles.

Certains fonctionnent sur un système d'abonnement mensuel.


En institution on commence à trouver des sols connectés (ils détectent les masses immobiles au sol) ou des capteurs placés sous le matelas des personnes les plus à risque de chute.


Se relever et relever après la chute


Se relever seul


L'ineps (Institut National de prévention et d'éducation pour la santé) en collaboration avec le ministère de la Santé et des Sports et l'Assurance maladie, a publié une brochure « comment aménager sa maison pour éviter les chutes » dans laquelle est bien illustrée la méthode la plus sûre pour se relever (sans prise en compte de prothèse de hanche ou de genoux attention, demandez à votre kinésithérapeute ou votre ergothérapeute de vous entraîner à vous relever du sol, il saura personnaliser cette méthode selon vos particularités)

Voici l'illustration tirée de la brochure de l'inpes : 




Relever après une chute


Plusieurs cas de figures si vous êtes seul face à une personne ayant chuté.


Si la personne est inconsciente ou convulse

  • Laisser la personne au sol
  • Mettre en position latérale de sécurité et la couvrir
  • Appeler les secours


Si la personne est consciente et ne souffre pas à la mobilisation des jambes, du bassin

  • L'assister moralement et si besoin physiquement lorsque la personne se relève en participant autant qu'elle peut, comme indiqué dans la brochure de l'inpes plus haut
  • Pourquoi? Car être actif, même de façon minime, à ce moment là, après avoir chuté, ce qui n'est pas une épreuve anodine dans la vie d'un être humain, permet de "reprendre en main sa vie" et participe à la non perte de confiance en soi.


Si la personne est consciente mais ne peut pas participer à son relever


- Car elle souffre à la mobilisation

  • Si possible la redresser, utiliser des coussins, la couvrir si besoin et discuter avec
  • Appeler les secours


- Car elle ne peut physiquement ou mentalement pas dans tous les cas réaliser son relever


Le lève personne

Ce dispositif de transfert comme on peut retrouver dans les hôpitaux, les institutions est disponible à la location et souvent plus léger, pliant et moins encombrant lorsqu'ils sont destinés à un usage domestique.

Le lève personne s'utilise avec une sangle harnais qui est disponible en différentes tailles, formes et matières selon l'usage et la sensibilité cutanée de l'utilisateur. Si la personne ne maintient pas sa tête il existe des sangles avec têtière.

Pour installer une personne on pourra choisir d'utiliser le harnais en position assise ou semi allongée (selon quel point d'attache on choisit, la personne se retrouve soit assise soit semi allongée dans le harnais).


Lors de la livraison d'un lève personne, le technico commercial fait une formation aux personnes qui vont être amenées à l'utiliser.

Cela peut paraître impressionnant au début mais avec l'usage, il sera votre allier pour tous les transferts.

Il faudra prévoir de dégager les espaces pour faire passer les pieds de l'appareil sous le lit, sous une baignoire, sous un meuble en général.


 Quoi qu'il en soit, après une chute ou dans la crainte d'une chute il faut 
  • Informer votre médecin traitant impérativement, pour rechercher les causes médicales et être redirigé vers des dispositifs en place.
  • S'informer, être actif, maintenir ses activités et mettre en place les conseils précédents.

Consultez notre fiche complémentaire  "La chute : les dispositifs de prévention" en cliquant sur ce lien

Cliquez sur ce lien pour découvrir les différentes aides techniques liées à la chute sur Autonom-ease en cliquant sur ce lien.


Article rédigé par un ergothérapeute de l'équipe Autonom-ease