Covid-19 : seniors, requête pour améliorer l’accès aux soins


"On sait qu'il y a un tri des patients, par exemple certains ne peuvent pas supporter d'être intubés, mais il doit être fonction de critères médicaux précis, et ne peut répondre à une carence de moyens", explique Michel Parigot, président de l'association Coronavictimes, créée le 19 mars 2020, et du Comité anti-amiante Jussieu. "Vous avez aujourd'hui des personnes avec une espérance de vie longue, qui avaient des chances de s'en tirer, et qui ne seront pas soignées faute de moyens", estime-t-il. "Le problème est né de l'inaction du gouvernement en matière de prévention et d'adaptation du système hospitalier, on lui demande d'assumer ces choix au lieu de se défausser sur les médecins".

« Rupture d’égalité »

La requête introduite le 2 avril met en avant la "rupture d'égalité" tant dans l'accès aux soins que dans le traitement de la fin de vie. Elle a été transmise le même jour au gouvernement, qui a jusqu'au 6 avril 10H00 pour donner sa réponse, suivie d'ici le 7 avril de la réplique des plaignants, avant la décision du Conseil d'Etat, attendue dans la semaine, selon l'avocat Guillaume Hannotin. Le référé-liberté demande au Conseil d'Etat "d'enjoindre au Premier ministre de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'édicter, dans l'urgence, des directives et un protocole explicites et de mettre en place une organisation pratique pour encadrer la décision de faire bénéficier de soins hospitaliers ou de laisser mourir les personnes qui se trouvent dans les Ehpad ou à domicile et qui sont atteintes par des formes graves du Covid 19".

Un fonds d’indemnisation ?

Il demande un protocole précis pour la réanimation et des mesures pour "assurer une fin de vie digne et sans souffrance aux personnes qui décèdent du Covid-19, dans un Ehpad ou à domicile, faute d'avoir pu bénéficier de soins hospitaliers". En cas de décès, un test Covid-19 devrait être fait systématiquement pour établir les causes du décès et éventuellement permettre aux familles de réclamer une indemnisation. Plusieurs associations dont la FNATH (association des accidentés de la vie) réclament un fonds d'indemnisation pour les soignants, mais aussi tous ceux (policiers, livreurs, caissières etc.) qui travaillent pour leurs concitoyens au péril de leur vie. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé le 23 mars que les soignants contaminés seraient systématiquement reconnus en maladie professionnelle.