Dépression des seniors : comment sortir d’une mauvaise passe ?


Une phase de dépression peut arriver après des transformations profondes dans le quotidien et, pour les seniors, la perte d’autonomie sonne le début d’une période qui peut s’avérer complexe. Julie Locquet responsable de réseau Coviva-Maison des services à la personne (MDSAP) à Argenteuil, en banlieue parisienne, explique : « Au bout d’un certain temps, la perte d’autonomie s’installe et entraîne une baisse de moral chez nos aînés. Si l’on ajoute à cela l’éloignement géographique de l’entourage ou, parfois, la perte du conjoint, nos bénéficiaires se sentent seuls et ne sont pas préparés à ces changements. »

Comment agir ?
Dans ces moments-là, l’entourage doit être présent et joue un rôle déterminant. « Si la personne n’a plus ou pas de famille, nos équipes prennent une place plus importante », poursuit Julie. Conserver une partie d’autonomie et de participation est également conseillée : « Sur notre réseau, nos auxiliaires demandent aux personnes âgées de participer au maximum à toutes les activités proposées, dans la mesure de leurs capacités. Il est très important de les stimuler, les rendre utiles. Par exemple, si on fait le ménage, on demande à la personne âgée de nettoyer les bibelots pendant que l’auxiliaire nettoie la bibliothèque ou l’étagère. Pour la toilette, c’est pareil, ce que la personne peut faire, elle le fait. C’est valorisant pour elles et permet aussi d’initier plus facilement la conversation. De plus, nous proposons une boucle de stimulation cognitive, en établissant des rendez-vous, pour aller chercher le pain, se rendre chez le coiffeur ou autre, ce qui leur permet de programmer une activité dans le futur et de garder un lien avec l’extérieur. »

Bien vieillir à domicile ?
Bien souvent, les aînés refusent l’aide proposée et se ferment à l’idée de « dépendre de quelqu’un d’autre ». La première étape est donc d’accepter de perdre son autonomie. Julie Locquet explique : « Il faut y aller petit à petit, laisser la personne prendre confiance en se rencontrant à différentes reprises pour des petits besoins. Une fois la période d’adaptation terminée, l’intervenant est considéré comme un membre de l’entourage à part entière. Quelques fois, ce sont de vraies belles amitiés qui se créent. ». Le rôle des auxiliaires de vie est très aléatoire en fonction des besoins de la personne mais reste incontournable, « pour la personne âgée déjà, pour la compagnie et la chaleur humaine, mais aussi pour la famille qui, très souvent, sympathise avec et accorde sa confiance à la personne qui s’occupe de leur ascendant. ». 

Une journée dédiée
Julie Locquet revient sur l’importance de la Journée européenne de la dépression : « Nous rencontrons la dépression tous les jours dans notre métier alors pouvoir en parler, informer le grand public face aux risques et accepter l’intervention d’une personne tierce pour régler le problème est bénéfique. Pour nous, cela reste un combat au quotidien… ». La famille et le réseau d’aide à domicile sont les premiers spectateurs d’une dépression, et leur rôle est donc capital. 

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