Face aux déserts médicaux, un cabinet dentaire itinérant


« On ne va plus se faire soigner, ce sont les soins qui viennent à nous ! » Une option de plus en plus répandue, liée notamment au vieillissement de la population. Après des cabinets d'ophtalmologie et des instituts de beauté mobiles, un cabinet de soins bucco-dentaires de 3,5 tonnes vient de faire son apparition sur les routes d'Auvergne-Rhône-Alpes pour une expérimentation. Confronté au défi d'apporter des soins à des patients peu, voire pas, mobiles résidant dans des EHPAD (Établissements d'hébergements pour personnes âgées dépendantes) ou dans des zones touchées par la désertification me?médicale, le Dr Eric Lenfant, chirurgien-dentiste et président de l'URPS (Union régionale des professionnels de santé), a imaginé cette solution « simple sur le papier ». Mais, pour passer de la théorie à la pratique, de nombreux défis techniques restaient à résoudre. Il a pu compter sur le soutien du groupe  Gruau.

Espace sur-mesure et accéssible

Ensemble, ils ont participé à la conception d'un projet « inédit ». « Si des expériences précédentes ont déjà été réalisées sur des poids lourds, jamais la base retenue n'avait été un utilitaire 3,5 t, explique Gruau. Une condition sine qua non de praticité dans les déplacements et d’accessibilité au plus près des EHPAD. » Un challenge d'autant plus ambitieux qu'il devait être réalisé en moins de 23 semaines. C'est le temps record qu'il a fallu à Gruau pour concevoir et modéliser une cellule sur-mesure capable d'accueillir l'ensemble du mate?riel d'un chirurgien-dentiste (soins, chirurgie, radiologie, prothèses...), tout en préservant suffisamment d'espace pour l'accès au fauteuil roulant, via une plateforme élévatrice. L'autre défi consistait à intégrer le matériel de radiologie, cette technologie étant soumise à la règlementation et la validation de l'Autorité de sureté nucléaire (ASN). Huit mois ont été nécessaires pour obtenir l'autorisation d'intégrer une solution portative développée par un fournisseur, évitant d'avoir a? plomber les parois du véhicule, option non envisageable sur un utilitaire 3,5 t. « Aujourd'hui, on dispose d'un outil qui e?tait encore inimaginable il y a trois ans ; dans ce véhicule, il y a une soixantaine d'innovations !, se félicite le Dr Eric Lenfant. »

Une expérimentation qui roule !

Ce projet s'inscrit dans un cadre expérimental prévu par l'article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale de 2018, un dispositif qui encourage l'innovation dans le domaine de la santé. Il bénéficie dès lors du soutien de l'Agence régionale de santé (ARS), du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes et de l'Assurance maladie. La phase de validation durera 4 ans et impliquera jusqu'à 46 EHPAD de la région. Si elle s'avère concluante, cette unité pourrait être déployée au niveau national et adaptée à d'autres domaines de la santé.
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