Grand âge : une mission pour lutter contre la maltraitance ?


Le gouvernement a installé le 19 février 2018 une commission chargée de faire des propositions pour prévenir la maltraitance des personnes âgées ou handicapées, comme prévu par la loi sur le vieillissement entrée en vigueur en 2016.

Un énorme tabou

Annoncée dans un communiqué par la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et la secrétaire d'État au Handicap, Sophie Cluzel, cette commission est chargée «de faire des propositions sur le risque de maltraitance dans tous les lieux de vie, que ce soit à domicile ou en établissement». Il s'agit «d'améliorer la connaissance d'un phénomène longtemps tabou, faciliter le repérage, le signalement et le traitement de situations de maltraitance, promouvoir la bientraitance et l'accompagnement des acteurs dans le quotidien». Les deux ministres soulignent à cette occasion « l’importance qu’elles accordent à ce sujet de société ».

Des aidants à bout au domicile ?

L'AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées) dit «saluer cette initiative». Pour autant, il ajoute que «les travaux de cette commission ne pourront se résumer aux seules situations individuelles. Elle devra donc également travailler sur les questions de droits et libertés (citoyenneté, effectivité des droits, libertés publiques...)». Selon son président, Pascal Champvert, il faut «une vraie réflexion sur l’autonomie des personnes âgées, la priorité étant d’augmenter le nombre de professionnels dans les établissements et à domicile». Sur France info, il dénonce un «phénomène de maltraitance colossal», précisant que la majorité des cas ont lieu au domicile parce que les aidants s’épuisent.

La colère gronde

Cette annonce intervient dans un contexte tendu. En effet, les personnels des maisons de retraite médicalisées (Ehpad) et des services pour personnes âgées ont organisé le 30 janvier  2018 une mobilisation inédite pour protester notamment contre le manque de moyens et d'effectifs, témoignant de nombreuses situations où les personnes accueillies ne sont pas traitées dignement. Une nouvelle journée d'action dans le champ du grand âge, est prévue le 15 mars, élargie à tous les établissements pour personnes âgées (hôpitaux gériatriques, unités de soins longue durée, maisons de retraite non médicalisées).