La fin du permis de conduire à vie ?


Le 3 octobre 2017, Virginie Duby, députée de Haute-Savoie, a déposé un projet de loi concernant les seniors au volant. Partant du constat alarmant de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière d’après lequel les victimes seniors sur la route seraient de plus en plus nombreuses, elle préconise une visite médicale obligatoire après 70 ans.

Un projet discriminant ?

Des contestations sont apparues, du côté des usagers mais aussi des associations de seniors qui craignent un isolement encore plus important sans la voiture comme moyen de transport. Face à ces revendications, la députée reste ferme sur ses positions en rappelant qu’une visite médicale est d’ores et déjà obligatoire pour les détenteurs de permis poids-lourd, les conducteurs des véhicules de services et les enseignants à la conduite. De plus, elle s’appuie sur des modèles voisins, à l’image de la Suisse, de l’Italie et du Portugal qui ont déjà été mis en place.

45 ans : aptitudes en baisse

Certains voudraient déjà l’adopter. C’est le cas de Gilbert Payet, préfet des Pyrénées-Atlantiques, qui voudrait appliquer plus souvent le dispositif de suspension de permis. Pour lui, c’est avant tout une question de protection. Au micro de BFMTV, il déclare : "L’une des premières préoccupations n’est-elle pas tout simplement de protéger ces personnes lorsqu’on a le sentiment qu’elles ne sont plus capables de conduire ?". Il est scientifiquement prouvé qu’après 45 ans nos aptitudes physiologiques et cognitives diminuent. Le préfet invoque le taux de mortalité élevé. En 2017, 41 personnes ont trouvé la mort sur les routes des Pyrénées Atlantique ; parmi elles, 13 avaient plus de 70 ans.

Une impression de déjà-vu ?

Les seniors sont aujourd’hui de plus en plus mobiles et ne s’en cachent pas ; en France, 85% des personnes de plus de 60 conduisent une voiture. Ce n’est pas la première fois qu’une telle initiative tente de voir le jour ; déjà en 2013, le sénateur Yves Détraigne avait soumis l’idée, sans suite. Aujourd’hui, le projet de loi est au point mort puisqu’il n’a pas encore été programmé en première lecture à l’Assemblée nationale. Affaire à suivre qui devrait faire couler beaucoup d’encre…