«Des vieux au fourneau à Hong-Kong, les vieux hyperactifs du Temple du soleil à Pékin, quand les vieux Indiens montent leur business…» «Aujourd’hui, on a du mal à parler de la vieillesse. On parle des vieux comme d'une cohorte démographique, un poids économique. Ou alors on n’en parle pas du tout.» Depuis octobre 2017, et durant un an, Clément Boxebeld et Julia Mourri, fondateurs du projet et site internet Oldyssey, sont partis à la rencontre des personnes âgées au Brésil, en Colombie, aux États-Unis, au Canada, au Sénégal, en Afrique du Sud, dans les pays asiatiques ainsi qu’en Europe.

Des initiatives qui rapprochent

«On voulait parler autrement de la vieillesse en donnant la parole à ceux qui la vivent.» Clément et Julia, âgés de 27 et 28 ans, ont été marqués par les histoires personnelles de leurs grands-parents. «Moi, par exemple, je suis très proche de mes aînés, explique Julia. En les regardant vieillir, je me suis posé des questions qu’avant les gens de notre âge ne se posaient pas sur l’isolement des personnes âgées.» À travers des reportages vidéo et des portraits, le site Oldyssey met en avant les initiatives qui rapprochent les générations dans des sociétés où le statut des seniors diffère. L’objectif est de s'inspirer de ces formes de solidarités qui voient le jour. «On a choisi à la fois des pays où la transition démographique est déjà bien amorcée, comme le Japon, le Canada et les États-Unis, qui sont très en avance en matière d'innovation en faveur des personnes âgées, mais aussi des pays ayant une transition démographique accélérée, comme le Brésil, la Chine et le Sénégal. Le vieillissement rapide de leur population les pousse à innover pour prendre en charge les plus âgés», expliquent Clément et Julia.

Des seniors hors du commun

Les points d’entrée dans chaque pays, ce sont les initiatives que Clément et Julia ont identifiées en amont. Ils se basent sur des réseaux d’entrepreneurs sociaux, tels que Ashoka ou Make sense, qui travaillent sur les enjeux du vieillissement. Dans des vidéos, les personnes âgées racontent leurs histoires et celles des lieux où elles ont passé la plus grande partie de leur existence. Elles parlent de leur quotidien, donnent des conseils pour réussir en amour, au travail ou, au contraire, expliquent ce qui n’a pas marché. «On a rencontré des seniors hors du commun qui ont créé des choses extras, précise Clément. Ils n’ont sûrement pas l’habitude que des gens s’intéressent à ce qu’ils font, en particulier des jeunes comme nous. Nous, on n’a pas de préjugés sur la vieillesse, on leur parle comme on parlerait à n’importe qui. Généralement, ils sont très contents de nous accueillir et d’échanger avec nous.»

Inclure davantage nos aînés

Avec ces contenus, Clément et Julia souhaitent mobiliser une communauté sensibilisée à ce sujet, qui a conscience que la transition démographique touche toutes les sociétés et remet en cause les modèles actuels. Selon Clément, «le vieillissement n’est pas un problème mais plutôt une opportunité pour créer du lien social et inclure davantage les personnes âgées». C’est d’ailleurs pour cette raison que les deux aventuriers ont choisi d’utiliser le mot «vieux» pour qualifier les seniors du monde entier. «On voulait réhabiliter ce mot qui, aujourd’hui, est chargé d’images péjoratives. Mais pourquoi devrait-il être négatif alors que la vieillesse n’est pas le déclin de la vie ?» questionne-t-il.

De gros partenaires

Clément et Julia ont préparé leur grand départ durant 6 mois. Pour que le projet Oldyssey puisse voir le jour, ils ont démarché des partenaires tels que La Poste, MGEN, SilverEco ou encore Air BNB. Un soutien de 80 000€, comprenant les transports, les hébergements, et le matériel audiovisuel nécessaire à la réalisation de reportages.

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