Troubles du sommeil des seniors : les repérer et les traiter ?


En France, 50% des personnes âgées dorment mal, et un senior de plus 70 ans sur deux consomme des médicaments pour améliorer son sommeil. Insomnie, apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos… Comment diagnostiquer les troubles du sommeil et surtout quels sont les traitements ou solutions à mettre en place ?

Les différents troubles

Parmi les troubles du sommeil présents chez les personnes âgées, l’apnée du sommeil est la plus répandue. Des études américaines ont montré qu’un senior sur trois, voire sur deux (selon les études) en serait affecté. Avec l’âge, des difficultés d’endormissement ou des avances de phases (endormissements précoces) peuvent également apparaître. De nombreux troubles sont en lien avec les pathologies déjà existantes des seniors : les personnes souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires ont des troubles du sommeil associés, tout comme celles ayant une perte de mobilité donc une dépense énergétique moins importante. En termes de pathologies dites « primaires » du sommeil, le syndrome des jambes sans repos (forts mouvements des jambes la nuit) est difficilement curable.

Diagnostic et expertise

« Il est important de mettre en place avec les patients un agenda du sommeil. On analyse les moments d’endormissements, de réveils, la durée et la qualité du sommeil, on prend en compte les siestes, ainsi que tous les paramètres hygiènodiététiques, explique le Dr Emilie Achour, spécialiste du sommeil et gériatre. On regarde la façon dont les seniors s’organisent dans la journée, ce qu’ils prennent comme médicaments.  Certains médicaments peuvent gêner l’endormissement. Il faut par exemple impérativement prescrire les traitements diurétiques le matin pour éviter toute gêne nocturne ». Le Dr Achour conseille de faire une expertise précise si les troubles du sommeil ont un retentissement sur la vie au quotidien. Un enregistrement polygraphique ou polysomnographique est souvent nécessaire pour quantifier et analyser le sommeil, dépister d’éventuelle pathologie associées telles que le syndrome d’apnée du sommeil ou les mouvements périodiques nocturnes. En cas d’apnée du sommeil, il faut effectuer un enregistrement précis de la nuit. Cette démarche importante doit être supervisée par un médecin.

Valoriser les traitements naturels

Selon le Dr Achour, il faut proscrire les hypnotiques (comme les somnifères) car ils n’ont pas d’effets à long terme. L’attention, la vigilance et la mémoire seront diminuées. « Les nouveaux traitements tels que l’hypnose ou l’acupuncture sont à valoriser mais ne sont pas assez développés, précise-t-il. En dehors de toute pathologie associée, les insomnies sont souvent simplement traitées par une réorganisation des habitudes de vie et un travail sur le conditionnement au coucher. L’objectif étant de reprogrammer un rituel de coucher efficient permettant un bon endormissement. On peut également avoir recours à des traitements naturels comme la mélatonine ou la luminothérapie, qui, sans effets indésirables ont des conséquences positives sur l’endormissement. »

À l’occasion de la 19e Journée du Sommeil, le 16 mars 2018, la Fondation d’entreprise Ramsay générale de santé propose de faire le point avec des praticiens, dont le Dr Anne-Hélène Giraud, spécialiste des pathologies du sommeil, qui sera présente au Salon Santé pour Tous du 9 au 11 mars 2018 à Paris.

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